Cher … Vous.

 

Assise sur ma chaise, les jambes relevées par la douleur, je vous écris le cœur serré

On dit toujours : Avant de juger le parcours d'une personne, empruntez son chemin. Avant de juger la vie d'autrui, chaussez ses chaussures. Par ces lignes, le temps de cette lecture, chaussez nos chaussures.

Par cette lettre, découvrez. Une vie, pas banale, une vie...où le mot «  monotonie » n'existe pas.

 

Rempli de douleurs physiques et psychiques, je vous écris pour qu'enfin vous songiez à nous accorder un regard, une parti de votre cœur, une main tendu et des bras ouverts, , nous trouvons des dos tournés, des regards détournés, une solitude certaine.

 

Quand le diagnostic est annoncé, envahit de peur, d'incertitude, de doute, de craintes, sans pour autant connaître le mot, la définition, nous savons que c 'est incurable. Le début de la fin. Le cercle vicieux, sans explications réelles, comment savoir si on peut affronter la suite... une chance d 'avoir un mot, un nom posé dessus, ou... pas finalement.

 

Où en serais je dans dix ans ? Dans 20 ans ? Aujourd'hui j'en suis où ? Quand on se réveille, le premier réflexe et de lever le drap. Regarder l'horreur, le nombre d'ouvertures, de trous, de cicatrices futures, sonde, stomie, combien, quoi , où ? Cette fois ci, que m'a t-on fait ? Combien d'organes touchés ? Si fatigué, si dure de pouvoir se relever, l'odeur d’hôpital, de drap blanc, de Bétadine, assez... Anti-douleurs dans un pilulier, numéro de la chambre dessus, on l'emporte, celle là je m'en rappellerais, et presque on pourrait dire en sortant : «  à la prochaine !  »

 

La douleur, physique et psychologie, la dépression post-opératoire, pensent-ils à cela...Pour surmonter le nombre de trous, de cicatrices, certain(es) se font tatouer , ou autres pour ma part, c'est un trou/trou * piercing. Je rattrape cette mutilation par une autre (plus jolie ). Un moyen d 'accepter plus facilement peut-être. D'autres on recours consciemment/inconsciemment à quelque chose pour faire passer la pilule. A bientôt !

Les rendez vous sont toujours assez dégradants, humiliants, des rendez vous, chez nous, sont vraiment fréquents, souvent humiliants, même si on en prend une habitude certaine, quoi qu'il en soit cela reste … rabaissant. Je ne parle pas des salles d'attentes, où nous devons baisser le regard ( mieux vaut regarder le sol et compter le nombre de carreaux ), ne pas lire en attendant les prospectus, où regarder la femme en face. Pourquoi ? Parce que dans certaines salles d'attente comme chez un gynécologue, 95% de chance d 'être en face d'une femme enceinte, et de n'avoir que des publicités Bébé. Sympa... « non je ne lèverais pas le regard, j'ai le corps pourri par une maladie  » Mais pensent-ils aux personnes qui viennent consulter pour maladies, chirurgie, et autres ? Un pète psychologie encore. Hyper contente au final d'entrer dans la salle d 'examens , à l'appel de notre nom, on ne traîne pas pour se lever. Des rendez vous et examens stressants, angoissants «  j'ai peur de ce qu'on va encore m'annoncer... quel organe(s), quoi, où, encore.... »

 

Moindre vertige, la peur de tomber, «  ressaisis-toi !  » Une douleur, la peur de ce que cela peut être encore «  vas-t-en !  » Le réveil, le matin ampli de douleurs diverses, «  lèves toi ! » La vision de la porte des WC , encore et encore, en ressortir la larme à l’œil de douleurs, de surveillance constante... Les douleurs....Les douleurs....Les douleurs...ne rien dire...subir....se taire...subir...subir...et se dire que cela ne cessera jamais «  tu n'as pas le droit de flancher !  » Serrer les dents, afficher un faux sourire, mâchoire crispée, se contenir. Va-t-elle me prendre encore quelque chose ? Rebelote «  NON, tu n'as pas le droit !  » mais si, elle en prend la droit. Subir les séquelles des opérations aussi, « et la prochaine je vais ressortir avec quoi ?....... »

 

Affronter son propre regard, si fatigué, son corps qui subi mutilé, devant une glace est difficile.

 

Et si, je parle de l'abandon ? Vous savez, ce n'est pas pour rien qu'un grand nombre de personnes souffrant d'une maladie sont isolées. Vous savez pourquoi ? Parce que l'annonce d 'une maladie, généralement fait fuir, fait peur, que l'on connaisse la définition du nom de la maladie ou pas , les gens, connaissant ou ne connaissant pas, fuient. Quit à délaisser un membre de leur famille, ce n'est pas grave.( Apparemment). Des personnes se retrouvent excluent de leur famille parce qu'elles osent être malade. On dit : On ne choisi pas sa famille mais ses amis. Et quand les dits amis fuient aussi ? Pensez y. L'isolation totale, au sens propre, existe, plus que vous croyez, et je sais malheureusement de quoi je parle. Apprendre à surmonter la douleur, les rendez vous, les examens, les chirurgies,les réveils, les annonces, SEUL(E)S .

Oh combien il est difficile, d'entendre :

  • Mais pourquoi ne peux-tu pas sortir encore

  • Mais fais un sourire voyons

  • Tu as une salle tête, fais quelque chose

  • Encore un rendez-vous

  • Allez c 'est la dernière

  • Et sinon je ne t'ai jamais demandé,tu as combien de cicatrices

  • Tu dois prendre tout ça

  • T'as grossi

  • T'as maigri

  • T'as une sale mine

  • Pourquoi tu marches comme ça

  • Pourquoi tu ne sors plus

  • T'es plus marrant(e)

  • Je te quitte

  • ...entre AUTRES

 

Difficile de garder, d'avoir le vrai sourire, le regard pétillant sur la vie, difficile de marcher ( pour ma part et je sais que je ne suis pas la seule ), difficile de porter des choses, de tenir des choses, difficiles de faire ses courses, son ménage, des tâches quotidiennes banales. Certaines n'ont plus d'emploi, par discrimination de leur patron ou parce qu'elle ne peuvent plus l'effectuer, trop physique. Difficile d'avoir un regard positif sur la suite.

 

Mais vous savez quoi ? Je vais vous dire , une chose, vous qui regardez ces femmes, nous , moi, comme des rejets, comme des pestiférées...de haut, vous avez tord.

Vous ne pouvez QUE les jalouser/admirer. Pourquoi ? Car elles savent ce qu'est de se battre, d'affronter, les vrai choses de la vie. Se battre pour l'essentiel, pour vivre tout simplement.

Vous croyez qu'elles pensent quoi quand elles souffrent et subissent ? En finir, quelques unes en franchissent le pas... et beaucoup, beaucoup, ont souvent cette pensée. Incurable ? Alors pourquoi pas ? Non, elles trouvent toujours quelque chose à quoi se raccrocher. VIVRE Un but. Une force qu'elles ont, que vous n'avez pas ou qu'un jour vous pourriez avoir ( car malheureusement je vous rappelle que personne est à l’abri ), car elles savent. ON SAIT.

 

Elles se font piétiner, anéantir, pourrir, envahir par une maladie , qui leur prend énormément de choses dans la vie, et doivent vivre en fonction d'elle, s'adapter...et ELLES se relèvent ! Chaque actes, chaque opérations, chaque réflexions, chaque cicatrices disent combien elle sont fortes, et ce qu'elles ont traversé. En se regardant, elles/on se disent «  J'ai surmonté  ». Quand elles flanchent, et sont à genoux et qu'il n'y a personne, vous croyez qu'elles sont entrain de se dire/faire quoi ?

 

A travers le sourire il y a la présence , à travers les larmes il s'y trouve l'absence.

 

Et HOP elles réapparaissent, même avec la blessure infligée de la solitude. Chaque cicatrices racontent une histoire, l'histoire de J'ai survécu.

Quand elles vous écoutent, de vos petits tracas, elles se disent «  je surmonte  ».

 

Nous/elles sommes des guerrières, on peut s'appeler comme ça quand on souffre dans le silence imposé. Guerrières, gagnantes, nous/elles : Les ENDOGirls.

 

J'écris cette lettre dans la peine, face à l' Égoïsme  des "gens", mais ...je surmonterais. Comme toujours. Ce n'est pas un choix.

 

A méditer.

 

PS : Aux Endowarriors qui lisent, rappelez vous de ces mots : Surmonter, Gagner, se Relever.