Mon corps ne m’appartient plus
 
Depuis l’âge de 14 ans j’ai des douleurs invalidantes au moment de mes règles et ovulations, pour les médecins je suis douillette. 
Je subit ces réflexions jusqu’à l’âge de 23 ans.
 
Au cours de l’une de mes nombreuses hospitalisations, un gynécologue chef de service de l’hôpital vient me voir, après analyse de toutes mes échographies, il m’annonce que j’avais des ovaires poly kystiques. En effet chaque mois j’ai des kystes qui viennent se greffer sur mes ovaires, un  minimum de 4 par ovaires et mesurant entre 3.5 et 7.5 cm
 
En août 2011, avec mon fiancé, nous décidons de mettre bébé en route sur les conseils de mon gynécologue , car les kystes abîment mes ovaires, mais il décide de me faire des test d’ovulation , avec une prise de sang  par semaine pendant 3 mois. 
 
Résultat : mon corps n’ovule plus, ou difficilement, nous faisons donc la demande de prise en charge 100% pour le traitement dont le coût est de 120 euros / 5 injections de stimulation ovarienne, il en faut environ entre 15 et 20 par mois…
 
En janvier 2012 , je commence donc mon traitement. Mon corps réagit bien , mais un lundi de mars 2012 mon compagnon m’emmène aux urgences gynécologiques. Douleurs m’empêchant de me lever depuis 4 jours. Le médecin  m’annonce que d’après l’épaisseur de mon endomètre , je suis en début de grossesse, nous sommes fous de joie, les douleurs furent toujours présentes le mardi. De retour donc a l’hôpital , un autre gynécologue m’annonce que je dois être hospitalisée d’urgence. 
 
"Le calme avant la tempête. "
 
Le lendemain matin , je me lève et là , je m’effondre de douleur, les infirmières appellent le gynécologue en urgence,  il me fait une échographie et là tout s’accélère. Il dit à l’infirmière d’appeler le bloc , il faut m’opérer en urgence je fais une hémorragie interne. Je suis terrifiée, j’ai juste le temps d’appeler mon fiancé à son travail , j’ai peur , je pleure , tout le monde court, mon ventre est aussi gonflé qu’un ballon de foot. Je demande alors au gynécologue si ce n’est pas dangereux pour le bébé, et il me répond que la semaine dernière ils s’étaient trompé…je ne suis pas enceinte….
 
Au bloc : l’infirmier me demande si j’ai des allergies , je lui répond oui la morphine. On me met le masque et je l’entend dire que ce doit être une intolérance. Trop tard , je ne peux pas lui dire qu il se trompe. 
Au réveil , je hurle de douleur, l’infirmier à côté de moi , tient une seringue et me dit , vous n’êtes pas censée avoir mal , je viens de vous injecter de la morphine! Je crie . Ça me brûle dans tout le corps. De retour dans ma chambre , le gynécologue m’annonce qu’il a stoppé l’hémorragie, enlevé 7 kystes, et que j’ai une endométriose stade 4, et il s’en va.
 
Deux heures plus tard , les douleurs se réveillent , je soulève le drap , l’horreur , mais une question persiste : C’est quoi une endométriose stade 4 ? Le soir je refais venir le gynécologue , il m’explique avec des termes simplifiés que l’endométriose est une sorte de toile d’araignée composée de tissu de l’endomètre qui soude les organes entre eux…
 
Je vois mon rêve de porter la vie s’évanouir, mon chéri a envie de pleurer , je vois ses yeux qui brillent. 
A ce jour , nous ne savons pas jusqu’où la maladie s’est propagée, je continue de souffrir. Cette maladie est dure à vivre au quotidien, mais aussi dans notre vie de couple .
Les gens ne se rendent pas compte de ce que nous vivons au quotidien, nous nous battons sans arrêt. Dan mon cas , cette maladie me provoque une énorme fatigue , hypo thyroïdie , douleurs du nerf sciatique , le ventre , le bas des reins , le dos , provoquant des nausées, des carences , l’infertilité , les arrêts maladie , à cause de nombreuses hospitalisations. Ne parlons pas du moral , j’ai 25 ans et j’ai déjà frôlé la mort à cause de cette maladie , à la sortie de l’hôpital , j’ai déjà pris une assurance vie et une assurance décès
 
Je n’ai plus de vie , et des rapports très tendu avec mon banquier , j’ai du prendre deux crédits pour pouvoir payer mes factures d’hospitalisation à répétition, et je suis incapable d’assurer un contrat à temps plein. 
Notre dernière chance , nous devrions commencer bientôt les FIV . 
 
Nous ne sommes pas atteintes de maladies mentales mais d’un fléau dont ceux qui n’en sont pas atteint  ne peuvent pas soupçonner la gravité car trop méconnue . 
 
Nous demandons juste une reconnaissance de notre maladie .
 
M.H